Style JKA

11760242_888383794548695_5426846526807256072_nSatoshi Miyazaki Shihan

Le lundi 31 mai 1993 disparaissait un grand maître de la JKA, Satoshi Miyazaki.
Diplômé de l’université Takushoku, disciple de maître Nakayama, Satoshi Miyazaki était apprécié de tous.

Satoshi Miyazaki est né le 17 juin 1938 à Sagai. Il commence le judo à douze ans au moment même où les américains lèvent une partie de leurs sanctions sur le Japon et notamment l’interdiction de pratiquer certains arts martiaux.

En 1953 Satoshi Miyazaki débute le karaté avec un voisin de ses parents, une des rares personnes qui pratique alors le karaté dans son entourage. Il a quinze ans à cette époque, le karaté représente surtout, pour lui, un exercice physique. « Nous faisions des milliers de tsuki, des abdominaux, on marchait en canard, on transpirait beaucoup et c’est cela qui me plaisait parce que j’étais jeune ! », racontait le maître.

A dix-huit ans, le jeune Satoshi rejoint une université et là il s’aperçoit qu’il existe un très haut niveau de karaté. A la même époque, il s’inscrit dans une école officielle de karaté, celle de Masatoshi Nakayama qu’il avait déjà rencontré une année plus tôt. De dix-huit ans à vingt-neuf ans, Satoshi Miyazaki ne quittera plus Nakayama Sensei, le fondateur de la Japan Karate Association.

Il faut dire que Miyazaki Sensei représente une véritable authenticité du karaté. Le grand bouleversement dans sa vie de karatéka, après le passage de sa ceinture noire à la fin de ses études secondaires, fut l’entrée à l’université très réputée pour son karaté. A l’université Takushoku l’entraînement était basé sur l’endurance aux coups. Les élèves devaient être capables d’encaisser des coups sans broncher. C’est ainsi que le maître testait la capacité des élèves à la douleur qui, lorsqu’elle devient trop forte, casse la concentration de celui qui la subit. C’est pour cela que Satoshi Miyazaki répétait encore : « Des coups, des coups, toujours des coups ! » C’est comme cela qu’il a appris le karaté …

Arrivé à Tokyo, Satoshi Miyazaki débute une licence en sciences économiques. Sous la férule de Nakayama Sensei, il redevient ceinture blanche car ici c’est l’ancienneté qui compte et non pas le grade. Le jeune Satoshi est conscient qu’il est désormais dans l’une des écoles les plus réputées au Japon. Son professeur est Nakayama Sensei en personne et il se souvient très bien de sa pédagogie : « Les cours étaient très durs, intensifs, cependant, quel que soit le problème auquel nous étions confrontés, Nakayama Sensei était toujours proche de ses élèves et il nous écoutait ».

Au bout d’une année de pratique avec Nakayama Sensei à l’université de Takushoku, Satoshi Miyazaki a transformé son karaté et atteint un très haut niveau. Les années suivantes il rentre dans l’équipe de Takushoku avec à ses côtés d’excellents karatékas comme Asano, Ochi, Tabata et Kisaka. C’est après quatre années d’étude et de compétition que Nakayama Sensei lui demande de rejoindre la JKA. A cette époque, la JKA est une école pour les instructeurs afin d’affiner leur pédagogie.

Le combat et la compétition ont fait partie intégrante de son apprentissage du karaté.

Finaliste en kumité pendant dix ans des championnats du Japon, Miyazaki Sensei a également participé à de nombreuses compétitions de kata. Bien qu’il était très bon en kata (Hangetsu et Sochin étaient parmi ses katas favoris), ses meilleurs résultats il les a obtenu en équipe kumité en décrochant à plusieurs reprises la première place aux Championnats du Japon.

Certains de ses compagnons d’alors sont déjà partis pour l’Europe lorsque Satoshi Miyazaki s’embarque à son tour, en 1967, vers le vieux continent. Sensei Kasé est en Belgique depuis six mois lorsque Satoshi Miyazaki débarque pour prendre le relais. Diplômé de l’université de Takushoku, directeur technique de la BAKF, Satoshi Miyazaki se déplace alors dans toute l’Europe pour participer à de nombreux stages.

Satoshi Miyazaki est très dur à l’entraînement mais il reste très simple dans la vie. Il apporte autre chose au karaté. Homme d’une seule ligne de conduite depuis ses débuts dans les arts martiaux, Satoshi Miyazaki estime que l’éducation et le karaté doivent toujours aller de pair.

Satoshi Miyazaki a pour habitude de dire : « Le bon karatéka doit, avant tout, chercher le contrôle de soi. Beaucoup de pratiquants ont perdu cette voie. C’est la seule manière de développer ses sensations ». Il redoute que le karaté s’engage comme le Taekwondo, sur une voie trop sportive avec la compétition comme unique but.

Toutes les personnes qui l’ont côtoyé savent à quel point Miyazaki Shihan se refusait à tous changements et estimait qu’il valait mieux travailler les bases telles que Nakayama Sensei les avaient établies. Toujours poursuivre dans cette direction en intégrant les méthodes d’entraînement mais en conservant cet esprit de sagesse et de recherche. Son désir et sa volonté que notre pays puisse briller lors de championnats était réelle, mais il s’opposait à l’idée que le karaté ne soit représenté que par cet aspect sportif uniquement.

La tradition devait rester la tradition … une tradition martiale basée sur l’évolution personnelle de l’individu car le karaté a pour but avant tout de forger le caractère du karatéka.

Il restera un traditionaliste dans l’âme, ne transigeant jamais sur l’esprit qui devait guider la pratique. Insistant sur la modestie, l’harmonie et la discipline visant non pas à dépasser les autres, mais à se surpasser soi-même. Miyazaki Shihan nous transmettait l’essentiel et nous devions « creuser » aussi de par nous-même. Il suffisait de l’observer pour comprendre, le déclic se faisait naturellement …

Chacun d’entre nous se souvient de ces entraînements régionaux où il arrivait toujours très discrètement sous ses lunettes. Dès que l’entraînement débutait, il pouvait aussi bien transformer un groupe de gradés en véritable légion romaine, ou s’occuper des enfants avec toujours cette simplicité qui le caractérisait si bien. La soirée se terminait souvent autour d’une bonne table, où il partageait le verre de l’amitié. Il avait toutes les qualités qui font d’une personne quelqu’un de remarquable et d’admirable.
Il était à l’écoute des gens mais surtout à la portée de tous. Il savait mieux que quiconque qu’écouter est une attitude du coeur.

Pour mener à bien la mission que lui avait confié Nakayama Sensei, Satoshi Miyazaki oeuvra toute sa vie afin de créer la JKA Europe. Une tâche qui ne fût pas toute simple car il fallait la concevoir sur des bases solides. Il retournait souvent au Japon pour s’imprégner et suivre les directives de la JKA. On pouvait le voir s’entraîner parmi les autres instructeurs comme un simple élève, toujours naturel dans l’attitude. A la mort de Nakayama Sensei, on lui demanda de revenir au Japon, Satoshi Miyazaki répondit : « Ma famille est ici, en Belgique ».
Durant toute son existence, il a emmené la Belgique à cette fin, dans la cour des grands pays européens.

En 1992, Satoshi Miyazaki est opéré une première fois, et pourtant, il minimise l’ampleur de l’opération et reprend très vite ses activités. Cette première alerte n’annonçait rien de bon pour la suite. Mais sa force intérieure le pousse à continuer comme avant, assurant tous ses déplacements et tous les stages. Malheureusement, une nouvelle opération allait être nécessaire pour nous révéler la gravité de son état. Jusqu’au bout, Satoshi Miyazaki luttera et donnera ses directives à son proche entourage de fidèles.
Dès avoir été informé de cette nouvelle, son élève Ida Sensei vient du Japon pour lui rendre un dernier hommage. Miyazaki Shihan décéde, à l’âge de 55 ans, le lundi 31 mai 1993. Peu de temps avant les 12 coups de minuit, notre maître à tous décide de passer de l’autre côté du fleuve …

Un dernier hommage lui fût rendu dans son dojo, le vendredi 4 juin 1993, en présence de sa famille venue du Japon, de son épouse, de ses enfants. Mais aussi en présence de grands maîtres émus de perdre un des leurs. On pouvait voir parmi les personnalités présentes, les Sensei Tanaka, Sawada, Enoeda, Ida et Noda. Pendant de longues heures, tous les karatékas de Belgique sont venus rendre un dernier hommage à leur maître, au père du karaté belge, à cet homme hors du commun, Satoshi Miyazaki Shihan.

jkalogo
La spécificité de la JKA

Notre spécificité est la pratique du karaté de style Shotokan du courant JKA (Japan Karate Association).
C’est un style de karate pur et dont la caractéristique est la recherche de l’efficacité à portée de tous et toutes.
La JKA est le courant de l’école Shotokan le plus populaire et répandu en dehors du Japon et à travers le monde.

Publicités